Le 29 octobre 2024, je me blesse dans le cadre de mon cours de Jiu-jitsu. Je pratique ce sport de combat depuis 4 ans. J’ai toujours su qu’une blessure était une éventualité, mais j’espérais y échapper. Le verdict tombe le lendemain : rupture du ligament croisé antérieur et endommagement du ménisque.

Pour la première fois réellement confrontée au monde médical, je me focalise visuellement sur différents éléments pour ne pas me sentir submergée. J ’explore les textures, les couleurs, les images et les émotions. Sur des supports rectangulaires, je viens graver, estamper, modeler, imprimer et peindre les éléments qui m’ont accompagné depuis ma chute. Je cherche à créer une documentation tangible de mon accident. Les images ne sont pas directement lisibles à tout
le monde et peuvent engendrer des questions. C ’est l ’occasion pour moi d’extérioriser mais aussi de partager mon vécu. J’aime l’idée de rendre visible une expérience vécue en isolement. Avec une contrainte de mobilité, je limite le nombre de plaques que je veux présenter. 13 me semble être une quantité de plaques atteignable et la superstition liée à ce nombre me semble adéquate à la situation. Ce projet pourrait être continué en illustrant d’autres éléments très présents lors de ma rééducation.

Portrait en béquilles, 2025, photo par Leslie Uldry-Grillet

Étant donné la nature de mon projet, chaque plaque nécessitait une recherche individuelle: de couleur, de texture et de façonnage. Après avoir préparé les supports à la plaque, j’ai exploré différentes techniques comme l’estampage, le modelage, la décalcomanie, l’impression, le décor aux couleurs à peindre ou aux engobes. Cette longue phase de recherche m’a permis de créer des pièces très proches du rendu réel.

« Iconographie d’une chute » a été exposéau Pavillon Hover und Hover à Cudrefin dans le cadre de l’exposition « Nachwuchs, Relève! » du 16 novembre au 14 décembre 2025