20 heures de voyage séparent la Suisse du Japon. J’entreprends ce long voyage en juillet 2025 pour découvrir la technique du kintsugi. Je suis depuis quelques années fascinée par la culture de la céramique en Asie, particulièrement du Japon. Trois mois de stage sont nécessaire pour valider ma formation au CEPV, alors je saute sur l’occasion pour partir dans ce pays lointain.

Tomomi Matsusawa m’accueille dans son atelier pour m’enseigner le kintsugi, la technique traditionnelle de réparation à l’aide de la laque urushi. Ces trois mois de stage sont un apprentissage de nouvelles connaissances, mais aussi un partage de deux cultures.

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Tomomi et moi dans son atelier, photo par Tsuguri Yoshida

J’arrive à la petite gare de Hotaka le 1er août 2025. Tomomi et son fils m’attendent au bord du quai avec une pancarte de bienvenue. L’appréhension que je ressentais s’évapore quand je les vois les deux, tout aussi enthousiaste que moi. Nous passons les prochains jours à apprendre à nous connaître et à prendre nos marques pour mon stage. En commençant par observer, j’ai pu découvrir cette technique du kintsugi qui m’était totalement étrangère. Tomomi m’enseigne avec patience et générosité son métier de restauration. J’applique assidûment le processus méticuleux sur des pièces que je répare. Nous travaillons côte à côte dans son atelier dans la forêt.

illustrations de céramiques, Japon, 2025

Dans un premier temps, je répare les quatre pièces que j’ai ramenées depuis la Suisse. Après quelques temps, Tomomi me confie également d’autres pièces à restaurer. Le processus est long et complexe, mais je prends plaisir à ralentir et à apprivoiser le kintsugi. Voici-ci dessous quelques unes des pièces que j’ai réparées lors de ce stage.

Assiette de Florence Mott, réparée au platine

Bol Chinois, réparé avec du platine

Vue d’ensemble des pièces réparées

En un rien de temps les trois mois auprès de Tomomi se sont écoulés. J’ai juste eu le temps de finir mes réparations pour les reprendre dans ma valise.

Tomomi m’a partagé son art mais aussi sa culture avec une générosité abondante. En plus du kintsugi, nous avons entrepris de nombreuses activités culturelles pour me permettre de comprendre le Japon plus amplement. À ses côtés, j’ai appris la patience et la persévérance, la délicatesse et le partage. Je me sens extrêmement chanceuse d’avoir pu vivre cette expérience dans ce pays lointain.

Le kintsugi est une belle tradition qui apporte beaucoup de valeur aux objets de céramique. Cette technique rassemble les gens autour des objets et des histoires qu’ils portent. Je trouve que la pratique de la céramique et la pratique du kintsugi sont complémentaires. J’aimerais continuer à me former à cet art. L’équilibre entre fabriquer des objets en céramique et savoir les réparer m’enchante.